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CHATEAU DE ROCHEFORT (21) : QUAND RESTAURATION RIME AVEC INSERTION

Restauration du massif d’entrée du Château de Rochefort : un challenge relevé en 2 ans par DEFIS et une chaine d’acteurs très impliqués.

Sans l’intervention de l’Association les Clefs de Rochefort et l’Association Rempart dont la contribution à la coordination et à l’ingéniérie du projet a été déterminante, cette ruine située à Asnières en Montagne au Nord de la Côte d’Or ( 21) classée aux monuments historiques aurait disparu aujourd’hui. En 2017, prenant le relai du propriétaire, ces 2 associations ont réussi à réunir les financements nécessaires à une première tranche de travaux de sauvetage d’un édifice dont l’historique de construction s’étale du 11è au 17è siècle.

En 2018 les travaux ont été engagés sur une première tranche : la sécurisation et la mise hors d’eau du massif d’entrée, avec une équipe complète dirigée par l’architecte du patrimoine : Christian Laporte. C’est ainsi que les entreprises Pateu et Robert, Les Charpentiers de Bourgogne et l’Association d’insertion professionnelle DEFIS se sont attelées à un chantier hors normes qui allait durer 2 ans : deux années pendant lesquelles bravant le COVID et des conditions climatiques sévères, des travaux colossaux de déblaiement, de sécurisation périlleuse, d’étaiement et de parements très techniques ont été réalisés.

A ce jour, la brèche dans le massif d’entrée de la tour du XVème siècle a été comblée, les communs ont de nouveau un toit fait d’une charpente définitive et d’une toiture provisoire, ouvrant ainsi le champ des possibles à d’autres tranches de rénovation. Un défi technique et une aventure humaine que les membres de l’équipe de DEFIS ne sont pas près d’oublier, et qui valorise l’image de l’insertion professionnelle.

Un chantier très technique qui a repoussé les limites de DEFIS.
D’abord sécuriser les accès au chantier, évacuer 80m3 de gravats au grands vents, avant de pouvoir installer des conditions de confort de chantier, puis s’atteler au montage d’un échafaudage pour permettre l’arrivée d’un parapluie pour mise hors d’eau des maçonneries. L’enjeu majeur : reproduire le plus fidèlement possible les façons d’appareil des parements de pierre existant, en mettant en œuvre une maçonnerie s’harmonisant au plus près des maçonneries d’origine. Faire et refaire pour ne pas faire trop beau. Simple à dire, plus difficile à réaliser. L’architecte du patrimoine Christian Laporte témoigne : « seule une équipe totalement investie, non comptable de son temps, proche de l’esprit des compagnons, et humble devant l’histoire a pu accomplir un telle prouesse technique. J’ai été très impressionné et ému par DEFIS ».

Une aventure humaine individuelle et collective.
Le temps ne s’est pas arrêté pendant 2 ans pour tous les corps de métiers qui sont intervenus sur ce chantier. Notamment pour les 10 équipiers de DEFIS, dont les compétences ont grandi grâce à ce chantier. « Nous ne savions pas trop à quoi nous nous engagions, au départ, il faut bien l’avouer, mais les exigences techniques du cahier des charges de l’architecte et les difficultés en cours de route ont repoussé nos limites professionnelles, individuelles et collectives » déclare Cyrille Goulette responsable du chantier chez DEFIS.
A l’issue du parcours de 2 ans, en dehors des encadrants permanents, 3 salariés de DEFIS ont retrouvé des emplois salariés ou de formation complémentaire dans d’autres entreprises et 5 poursuivent leur chemin chez DEFIS dans l’attente de la prochaine tranche de chantier à Rochefort. « Ce chantier nous a révélés ou nous a changés, mais il ne nous a pas laissé indemnes ! » reconnait Didier Daboville, titulaire d’un CAP maçonnerie chez DEFIS « Le froid, les risques physiques, la crainte de ne pas y arriver ont été compensés par la qualité des rencontres avec d’autres professionnels, par la solidarité de l’équipe et par la qualité du résultat ».Une fois de plus la démonstration est faite que les principes et les valeurs des entreprises sociales et apprenantes s’appliquent parfaitement aux chantiers de restauration les plus ambitieux. Comme si l’histoire nourrissait l’avenir des hommes qui font revivre notre patrimoine.

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